
MARIE KRÜGER
Marie Krüger est née le vingt avril 1975 à Biarritz.
C’est dès son plus jeune âge qu’elle est bercée par l’opéra et le théâtre à travers ses parents – l’un metteur en scène et scénographe, l’autre, costumière – et dans sa propre chair qu’elle s’approprie la musique en apprenant à jouer du violoncelle, quand son frère Nicolas est déjà un pianiste confirmé.
Encore enfant, Marie va naturellement prendre le rôle d’assistante mise en scène et se spécialiser dans la régie lumière. C’est ainsi que, sachant lire la musique, elle peut faire les conduites lumières des spectacles vivants sur les tréteaux et festivals familiaux.
Rapidement en parallèle, elle se passionne pour le septième art et engloutit visuellement tout ce qui est donné à voir dans les salles obscures, si bien qu’en quelques années sa culture cinématographique s’étoffe considérablement.
Et voilà comment à 16 ans, elle va être émancipée par un juge d’état pour être autorisée à travailler en tant qu’assistante monteuse en 16 et 35mm chez Weymel montage pour Telcipro. Elle enchaîne en écrivant des courts métrages à partir de photos de Doisneau.
Puis vient un long métrage, réalisé par Philipe Haïm :
« Barracuda » avec Jean Rochefort et Guillaume Canet.
À force de brûler la chandelle par les deux bouts, Marie s’essouffle et tombe gravement malade.
Le diagnostic tombe : Marie est bipolaire type 2.
Le temps de la réflexion s’impose et celui du retour aux études par la même occasion. Elle sait qu’elle est faite pour quelque chose en particulier… Écouter, aider les autres.
Elle voudrait devenir psychanalyste.
Il faut d’abord faire une psychanalyse avec un didactitien, puis suivre un module théorique et enfin écrire un mémoire sur un analysant; c’est un travail acharné qu’elle réduit à deux petites années en triplants le rythme des séances de thérapie.
À 24 ans Marie Krüger installe son cabinet de psychanalyste derrière la mairie du 3ème arrondissement de Paris, rue Cafarelli.
Et puis le bouche à oreille fonctionnant, le cabinet prend son envol. Mais au cas où vous ne le sauriez pas déjà, la psychanalyse ne guérit pas de la bipolarité, alors Marie rechute. Elle est hospitalisée.
Un deuxième diagnostic vient étoffer le premier : trouble de la personnalité limite.
On lui fait des électro-chocs, on lui donne des médicaments, trop de médicaments. Marie meurt un peu, beaucoup, passionnément et survit et revit.
Et puis un jour elle empoigne un pinceau et depuis ne s’arrête plus de peindre ! Elle est, à force d’un combat quotidien et d’une volonté farouche, stabilisée.
C’est toutes les expressions artistiques auxquelles elle a pu participer activement ou comme simple spectatrice qui entrent en symbiose. La peinture est un bouquet qui jaillit.
Marie peint toujours en musique, souvent accompagnée de Debussy et de son « Pelléas et Mélisande » qui revient comme un tendre souvenir, mais aussi du rock de Queen, en passant par U2, puis soudain en s’évadant avec Billie Eilish.
Et la matière, l’huile en grande majorité, travaillée aux couteaux, s’inspirerait plutôt d’un Eugene Leroy…
En 2024, elle publie avec son frère Nicolas Krüger, chef d’orchestre et pianiste mais également auteur de poèmes, un livre mêlant les textes aux tableaux : Le Roi horizonal.